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Beaubery, le 11 novembre 1943. L’attaque allemande a surpris tous ceux qui n’avaient pas encore songé à s’enfuir. Il y a
eu des morts tel René Perrin, abattu en plein champ. Avec dix autres jeunes de Saint-Bénigne, Paul Viaud, Lucien Chevailler, Marc Brunet, Marcel Brouillard, Angély Foray, Eugène
Pelletier, Marcel Brébouillet, Georges Massion, René Perrin, Claudius Morel, Marcel Danancher avait rejoint le maquis de Beaubery le 4 juin 1943. Ils avaient été disséminés aux alentours,
dans les fermes isolées.
Marcel Danancher était resté à Beaubery. Mais ce 11 novembre, il avait eu le temps de disparaître, comme d’autres de ses
compagnons. Ils avaient été avertis d’une attaque imminente.
Ce même 11 novembre, défiant le danger, un groupe s’était rassemblé devant le monument aux morts. Cette volonté de
marquer leur fidélité aux symboles de la victoire de 1918, avait sans doute précipité l’intervention allemande. Il y eut des prisonniers. Nombre d’entre eux furent internés au fort
Montluc et fusillés 4 mois plus tard.
Marcel, comme ses compagnons survivants, a pu rejoindre sa famille par ses propres moyens et reprendre discrètement sa
place dans la ferme de ses parents.
Né le 28 janvier 1922 à St-Bénigne, Marcel Danancher a vécu dans cette ferme acquise par ses parents au lieudit Les
Pelouses. Fils unique il leur a succédé à la tête de l’exploitation avant le la céder à son tour à son fils Jean-Louis.
Son métier d‘agriculteur Marcel Danancher l’a exercé, l’esprit constamment en éveil. Les oreilles et les yeux grands
ouverts sur la nature qui l’entourait.
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Il savait observer et comprendre. La Saône, la prairie seront son domaine. Il n’ignorait rien de la vie du fleuve. Il
avait avec la prairie une relation quasi-fusionnelle. Sur l’une et l’autre
il était incollable.
Sa connaissance du pays devait être précieuse à l’assemblée communale. Conseiller municipal, il a siégé durant deux
mandats de 1971 à 1983. De ce conseil, il fut la mémoire. De sa commune, il connaissait chaque parcelle. Il pouvait en rappeler les limites, signaler l’existence d’une haie, d’un fossé
disparus. Marcel Danancher ne se suffisait pas dans ce rôle de mémoire. Il aimait transmettre, donner sa connaissance, comme en témoigne encore M. Mortel le maire de la commune. Il
n’hésitait pas à exprimer son point de vue usant parfois d’humour pour faire passer ses messages.
Son dévouement à la chose publique s’était traduit par un engagement de plus de 25 ans au sein du corps de
sapeurs-pompiers. Entré dans ce service le 4 mai 1946, il en avait gravit les échelons jusqu’à être nommé sergent en janvier 1967 Il avait pris sa retraite en 1971, au terme de 25 années
de dévouement.
Marcel Danancher était titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance. Il avait été honoré de la
médaille d’argent et de la médaille Vermeil des sapeurs-pompiers.
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