J’ai pris le tacot pour aller à Pont-de-Vaux
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A la fin du 19me siècle, la compagnie des chemins de fer économiques du Sud-Est a lancé les premières lignes secondaires du département, dont un certain nombre en correspondance avec les grandes lignes du réseau PLM. Ainsi à partir de 1897 la commune était desservie par une ligne unique reliant Trévoux à St-Trivier-de-Courtes par un tracé suivant, à distance, la rive gauche de la Saône. C’était la ligne la plus longue (80 km) parmi celles mises en œuvre par la compagnie dans le département de l’Ain. Elle traversait des communes comme Jassans, Beauregard, Thoissey, St-Didier-sur-Chalaronne, Cormoranche, Pont-de-Veyle, Saint-Laurent, Replonges, Manziat avec une grande gare sur la place Joubert à Pont-de-Vaux où les convois montant et descendant, se croisaient et faisaient correspondance avec le tacot venu de Fleurville. Suivant sa voie vers St-Trivier le tacot, qui desservait absolument toutes les petites communes traversées, s’arrêtait à la gare de Saint-Bénigne, pratiquement en face du café-restaurant Lacroix devenu, depuis, "Le Saint-Bénigne". Les murs tremblaient sur son passage Habitant dans la ferme de ses parents en bordure de la route de Saint-Trivier, René Viaud se souvient bien de ce tacot qui passait pratiquement au ras de la maison « Il faisait un bruit d'enfer. Les murs de la maison tremblaient à chaque passage » se souvient-il. « Nous étions gosses, Nous allions encore à l'école. Je me souviens que nous prenions quelquefois le tacot pour descendre à Pont-de-Vaux, notamment lorsque nous avions des cages de volailles où des grands paniers d’œufs de beurre ou de fromage à vendre sur le marché de la promenade ».
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« Nous étions une petite bande qui, lorsque nous allions à l’école à pied à plus d’1 km, passions devant la gare. Notre plus grand jeu consistait à pousser ce wagonnet en courant jusque sur la voie du tacot avant de sauter dessus. Ce tacot n’allait pas bien vite aussi lorsqu’on le voyait venir on avait toujours le temps de ramener le wagonnet à sa gare après avoir manœuvré l’aiguillage ». Le train reculait pour mieux repartir dans les pentes Après avoir fait halte à Pont-de-Vaux le tacot empruntait la montée de l’hôpital qu’il grimpait péniblement pour en franchir le sommet avant de redescendre dans le creux précédent la côte des Terres Allouettes dans laquelle, à bout de souffle, il était parfois obligé de s’arrêter. « Il repartait en arrière, entrainé par ses wagons, pour pouvoir mieux repartir. Avec davantage de vapeur il arrivait à grimper sur le plateau. Ensuite ça roulait tout seul, jusqu’à la gare. Les voyageurs ne se posaient pas de questions, ils avaient l’habitude, raconte René. Il y a quand même une fois où la locomotive a déraillé. Elle s’est couchée sur le côté dans la montée. Tout le monde était allé voir ça ». D’autres personnes, peu nombreuses aujourd’hui, ont des souvenirs semblables, Madeleine, l'épouse de René qui, jeune fille habitait tout près est aussi montée dans ce petit train, tout comme Aline Baissard qui se rappelle avoir accompagné une tante, pour un grand voyage en tacot, au moins jusqu’à Varennes-Saint-Sauveur... ou encore Roger Chevauchet lequel, depuis la ferme de Léal venait jusqu’à la gare prendre le train pour se rendre à Pont-de-Vaux. La ligne démantelée en 1936 La ligne venait de Trévoux mais elle se confondait, à partir de La Madeleine, avec celle venant de Saint-Laurent-sur-Saône, ouverte à la même époque. Gérée par une autre compagnie elle poursuivait en effet sa voie au-delà de Saint-Trivier jusqu’à Varennes-Saint-Sauveur en passant par Curciat-Dongalon. A Varennes elle croisait le réseau PLM et s’en allait, sous le nom d’un autre gestionnaire, jusqu’à Cuiseaux. La ligne Trévoux Saint-Trivier a cessé d’être exploitée et démantelée en 1936. Celle de Varennes à Cuiseaux a été stoppée 1938.
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